Le vin cacher : Prescription de la Torah ou décret rabbinique ?

Le vin dans la Torah

La Miqra donne une place particulière au vin. Il est mentionné 136 fois  dans la Torah.
Selon la Torah écrite, tout comme le pain, le vin est un produit sacré, et la cérémonie de sanctification les jours du Shabat et de fêtes religieuses s’effectue au-dessus d’une coupe de vin.
C’est Noah qui planta la première vigne qui représente signe de fertilité et d’abondance.
 « Noé, homme de sol, commença à planter la vigne » (Bereshit, 9, 20)  (Devarim, 33, 28).
Le chant d’Isaïe compare le peuple d’Israël à une vigne : La vigne du Seigneur Zevaot, c’est la maison d’Israël. Si le prophète applique cette image au peuple, c’est pour rappeler que Dieu en attend du fruit.
« Dieu donne la terre avec ses richesses à son peuple. Si ce dernier est fidèle à l’alliance. Dieu bénit les fruits de la terre, le froment, le vin et l’huile fraîche (Devarim 7,12-13) ».
Nous sommes à la fin de la vie nomade et au début de la sédentarisation. Israël a gardé le souvenir de grappes énormes rapportées par les éclaireurs envoyés par Moïse (Nb 13,20) [2].

Le livre des Proverbes décrit l’état de l’homme ivre pour mettre en garde contre l’excès de boissons. Proverbes 23, 29-35

Cependant, pendant Shabbat, et autres bénédictions,  le jus de raisin peut parfois remplacer le vin, car dans le judaïsme, le caractère divin du vin est d’abord issu de la nature « divine » du raisin. Ainsi, la consommation d’alcool des juifs était parfois réduite à presque rien . Le vin était considéré comme une boisson de luxe.

Aux origines du vin cacher 

Le vin cacher apparaît pour la première fois à l’époque du second temple de Jérusalem aux Ier siècle avec la naissance du judaïsme pharisien sous domination romaine. A cet époque , les non Juifs étaient soupçonnés d’être de fervents idolâtres, les juifs les soupçonnaient de faire une petite libation de vin à leur divinité dès que l’occasion s’en présentait.

Les pharisiens, précurseurs du judaïsme rabbinique estimèrent que le vin rapprochait les différentes communautés et entraînait des mariages mixtes à l’origine d’une dissolution identitaire. Cela pouvait d’après les commentaires rabbiniques, augmenter la proximité sociale qui risquait de mener à des rapprochements intimes, puis au mariage et donc à l’assimilation.

Décret rabbinique

Historiquement, du VIIème à la fin du XIXème siècle la culture de la vigne et la consommation du vin avaient été interdites avec l’arrivée en 636 de Saladin puis sous le règne des Sarrasins ensuite, soit douze siècles. Ce n’est qu’à partir de 1870 que les Juifs rabbiniques ont commencé à s’intéresser à produire du vin en terre d’Israël, à l’initiative du Baron Edmond de Rothschild.
C’est dans un contexte non religieux mais purement socio-politique  que les rabbanim de l’époque interdisent tous les vins manipulés par les non juifs et inventèrent la vin dit « cacher » et l’inscrivirent dans leur loi orale.  La loi talmudique prévoit en effet que le juif se voit dans l’obligation de consommer du vin strictement casher afin de le distinguer du non-juif.
Cette interdiction rabbinique non issue de la Torah a fait donc entrer le vin dan la liste des produits régis par les lois de cacheroute rabbinique alors qu’il n’est pas cité dans la Torah concernant les lois du Cacherout ( principalement Vayikra 11, Devarim )
le personnel non juif ne peut toucher aux installations ni participer à son élaboration car il est à proprement parlé considéré comme idolâtre.  C’est d’ailleurs pourquoi les vins dont les Romains se servaient dans leurs bombances étaient interdits à la consommation. Et c’est ainsi les pharisiens produisirent leurs propres vins.
Selon les autorités religieuses rabbiniques, un vin cacher est donc un vin qui n’a été manipulé que par des juifs  et dont toutes les étapes de vinification se sont déroulées sous le contrôle de délégués rabbiniques assermentés.
Le processus d’élaboration classique du Vin Cacher reste totalement identique à celui de n’importe quel vin, mais avec toujours le contrôle d’un délégué rabbinique. La vinification du vin cacher suit exactement l’évolution de celle de la cuvée prétendue non cachère.

B Siahou

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